Critique : La sorcellerie est un sport de combat

Aujourd’hui sort le nouveau roman de Lizzie Crowdagger : La sorcellerie est un sport de combat et je vais vous dire pourquoi vous devriez l’acheter.
Vous le savez peut-être si vous suivez ce blog (ou mon twitter) mais Lizzie est peu ou prou une amie. Aussi l’objectivité de cette critique pourrait être remise en question.
Mais je ne crois pas en l’objectivité des critiques. De base le jeu est biaisé.
Après je ne vous pose pas le couteau sous la gorge, je vous invite à vous faire votre propre avis en lisant Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) [que j’abrégerais ATAV], Enfants de Mars et de Vénus, Punk is Undead ou encore La sorcellerie est un sport de combat [LSSC]. Ou bien à ignorer cette critique que vous jugerez bien trop partiale (même si je n’ai pas eu un tour en hélico au dessus de New York offert).

Pour moi retrouver le Butchverse (univers fictif créé par Lizzie Crowdagger) c’est un peu comme un week-end à Rennes. C’est un endroit où j’aime bien aller, j’y retrouve des gens que j’apprécie, des fois je rencontre de nouvelles personnes (que j’apprends vite à aimer), je me dis même que j’aimerais bien y vivre.
C’est même mieux qu’un weekend à Rennes car parfois quand je vais à Rennes même si je passe globalement de bons moments il y a aussi des fois où je me retrouve en larmes. Alors que quand je retourne dans le Butchverse j’ai le sourire du début à la fin.

Présentation succincte des personnages

Ce roman est ce qu’on pourrait appeler un roman chorale. On a de nombreux personnages et de multiples points de vue.
Il y a un léger défaut lié à cela. Je me suis parfois perdue dans les personnages, surtout au début. Pour vous éviter de vous perdre je vais faire une présentation rapide de sept personnages parmi les plus importants. 

Cookie est une femme comme les autres. Enfin si être une skinhead lesbienne est être une femme comme les autres. C’est une garagiste nantaise en couple avec Elvira. Comme son surnom (ou son prénom, je ne juge pas) le laisse entendre elle est aussi assez douée pour cuisiner de petits gâteaux éponymes.

Elisabeth ou Betty (car plus de deux syllabes c’est trop long) n’est pas une skinhead. Ou pas encore selon ses amies. Informaticienne spécialisée dans le hardware. Elle vit en collocation à Nantes avec Karima. Il m’est arrivé dans l’histoire de confondre Cookie et Betty mais ce sont deux personnes différentes. Enfin je crois.

Karima ou Car est une skinhead maghrébine au crane rasé et tatoué. Colocataire de Betty elle est (elle aussi) informaticienne, spécialisée dans le software. Au début du roman je croyais que Betty et Car étaient en couple mais il semble que non.

Crow ou Carolina est une gothique qui se la joue vampire. Au départ elle est plutôt en marge du groupe de skins.
– Je ne suis pas skin, précise Betty.
Sociologue et amatrice de films d’actions elle a une relation compliquée avec Cassandra.

Elvira (pas encore de diminutif même si Elvy n’est pas mal) est la copine de Cookie. C’est une femme trans, mais rassurez-vous ça ne veut pas dire qu’elle va faire des monologues de trente minutes (pour comprendre cette private joke lisez : La sorcellerie est un sport de combat). Un peu secondaire au début du roman elle devient plus importante dans la seconde moitié du récit.

Razor ou Raz est peut-être le personnage principal du roman. C’est une des skinhead du groupe. Trentenaire, anxieuse et un peu paranoïaque elle a du mal à sortir de chez elle. Raz a appartenu à une sororité de sorcières avant d’en être exclue, ne correspondant pas au visage moderne de la sorcellerie.

Cassandra (surnommée Casse par le groupe) est la narratrice et personnage principal d’AATV. C’est donc une femme trans qui fréquente des vampires. Pour en savoir plus lire le livre sus-nommé. Ce n’est pas indispensable pour comprendre le nouveau roman de Lizzie Crowdagger. Mais c’est indispensable si vous aimez la bit lit et les gangs de lesbiennes surnaturelles et motardes.

Allez je vais vous en dire un peu plus sur Casse.
Elle est en couple avec Morgue, vampire butch qui aurait tué Dracula de ses propres mains (selon ses dires).
Casse est aussi amie avec Shade, une louve-garou d’origine américaine. Un reproche que j’aurais à faire par rapport au personnage de Shade c’est qu’elle est sensée s’exprimer le plus souvent en anglais mais ce qu’elle dit est traduit en français (à de rares exceptions). Je comprends, pour des raisons de compréhension et de confort de lecture, mais c’est quand même un peu dommage.
Et oui je reproche aussi certaines choses car on ne m’a pas offert de tour en hélicoptère.

Vous allez me dire que j’ai triché en annonçant la présentation de 7 personnages alors que j’en ai présenté 9. J’aurais même pu monter jusqu’à dix mais en divulgâchant énormément.
Mais sept est un nombre premier. Un nombre de magie.
7 boules de cristal, 7 mercenaires, 7 nains, 7 jours de la semaines, 7 couleurs de l’arc en ciel, 7 saints de Bretagne, 7 pêchers capitaux, 7 sacrements, 7 vertus, 7 samouraïs…
Et ici on a les tribulations de 7 lesbiennes hooligans face à un sorcier nazi.

Il est difficile de faire une critique sans dévoiler certaines intrigues du roman. Et je trouve qu’il y a beaucoup de retournant importants et intéressants dès le début du livre.
Mais que dire alors ?

LSSC m’a un peu fait pensé à une sorte d’Avangers du Butchverse.
On retrouve des personnages d’UATav mais on a d’autres références au Butchverse. Et contrairement à Avangers lire les autres écrits de Lizzie Crowdagger n’est pas nécessaire pour profiter de ce roman.

La deuxième moitié de ce roman a aussi un côté road movie.
C’est étrange de parler de road movie pour un livre. Je devrais peut-être plus dire épopée ou odyssée mais je trouve qu’il y a un côté cinématographique à l’écriture de Lizzie Crowdagger. Chose que j’apprécie et que je retrouve assez rarement sauf chez Stephen King. Attention je ne dis pas que Lizzie Crowdagger est équivalente à Stephen King mais il y a un je ne sais quoi de très imagé dans leur écriture.

Celles et ceux qui connaissent les autres romans de Lizzie Crowdagger seront en terrain connu. On y retrouve de l’action, courses poursuites, explosions, fusillades. Un humour innovant, ce qui n’est pas très compliqué dès lors qu’il ne repose pas sur des clichés racistes, homophobes ou misogynes.
Il n’y a pas non plus de trahison du sous-titre : Les tribulations de lesbiennes hooligans face à un sorcier nazi.
Nous avons les tribulations. Les lesbiennes hooligans (skinheads) sont là. Et elles feront bien face à un sorcier qui est littéralement nazi.
Avec en sus des loups-garous, des vampires, des sorcières, des chiens, des chats, des parents et bien d’autres choses que le titre ne mentionne pas !
Donc n’hésitez pas trop, c’est comme les pâtisseries, c’est meilleur quand c’est chaud.

Alors attention, petite alerte de contenu au passage : Gaston !
Je n’en dirai pas plus, je pense qu’on peut vite deviner. Donc quand vous voyez le nom de Gaston, si vous pensez ne pas supporter qu’il lui arrive du mal, je vous conseille de passer la page 168.

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