Culture problématique

Je vous fait souvent des critiques de ce que je lis et regarde sur ce blog. Parfois, quand je trouve qu’il n’y a pas assez de substance je fais un petit point sur Twitter (comme pour Re:Mind). Je fais plutôt des critiques de choses que j’aime bien (à part pour le cosplay mais j’essaie d’arrêter) mais ces romans/films/séries/bds ne sont pas parfait-e-s, elles peuvent défendre des choses auxquelles je m’oppose, la possession et l’usage des armes à feu, des idées sexistes ou homophobes…

 

Pour commencer je vais parler d’un cas particulier, Shōnan Jun’ai Gumi – Young GTO (et l’œuvre de Tôru Fujisawa en général).
Dans un autre monde j’avais parlé de Tôru Fujisawa, du fait que j’aimais bien son travail mais qu’il y avait des problèmes de sexisme et d’homophobie dans ses œuvres.
J’aime ce que fait Tôru Fujisawa et plus particulièrement les séries tournant autour du personnage d’Eikichi Onizuka, j’adorerais pouvoir balayer tout ça d’un revers de main, j’adorerais pouvoir mettre des œillères mais ce serait malhonnête.

Shōnan Jun’ai Gumi (que j’abrégerais par SJG) c’est l’histoire de deux lycéens « bosozoku » (membres d’un groupe de motards, plutôt bagarreurs, des « voyous » à la Danny Zuko mais sans le perfecto), Eikichi Onizuka et Ryuji Damna qui aimeraient laisser la baston de côté et trouver l’amour. Damna semble d’avantage être la recherche d’une histoire romantique alors qu’Onizuka semble plus intéressé par une aventure sexuelle (et la perte de sa virginité).
Ces deux personnages ont un côté loosers (surtout Onizuka) mais ce n’est pas pour cela que les scènes d’humour misogynes et homophobes peuvent passer pour de l’humour. Pour cela il faudrait que cela soit drôle et « j’vais la violer » ça ne me fait plus rire depuis bien longtemps, encore plus quand le personnage est présenté comme un looser avec les filles. Ce n’est pas non plus du « second degré », c’est un humour convenu, facile, qui ne fait que perpétuer certains clichés et qu’il faut critiquer pour ce qu’il est.
Je trouve que ce manga se rattrape au niveau sexisme grâce à des personnages féminins plutôt forts et intéressant mais cela ne suffit pas pour ignorer ce qui craint.

Mais alors que faire sachant que cette série de mangas est « problématique » ?

Brûler mes mangas ?
Les revendre ?
Les donner ?
Les mettre à la poubelle ?
Je ne ferais rien de tout ça. Oui, il y a des défauts dans SJG mais ça reste une série que j’aime bien (et de même j’aime bien les séries Great Teacher Onizuka et Shonan 14 Days).

 

Et là on va élargir le sujet. Car Shōnan Jun’ai Gumi n’est pas la seule chose « problématique » que j’aime. Et ça ne se résume pas non plus au travail de Tôru Fujisawa.
Il est difficile de trouver quelque chose de parfait, nous nous grandissons dans une société « problématique » et notre culture est marquée par le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore le mépris de classe.
Refuser les productions dites problématiques c’est risquer de ne plus rien lire, de ne plus regarder le moindre film ou la moindre série (et de bien se faire chier). Il faut accepter que l’on aime certaines choses malgré les côtés problématiques.

Ca ne veut pas pour autant dire qu’il faut refuser une critique de la culture, ni essayer de faire mieux. Au contraire je vois plus ça comme une sorte d’encouragement à travailler pour proposer mieux que ce qu’on a déjà, quelque chose qu’on pourrait aimer sans ajouter un « malgré ».
Ca ne veut pas non plus dire qu’on peut tout accepter sous prétexte que tout est plus ou moins problématique, ce n’est pas parce que j’écoute un groupe skinhead comme Hors Contrôle que je vais écouter des groupes néo-nazis.
J’exagère volontairement le trait mais il y a une ligne de rupture entre ce que je trouve acceptable malgré certains problèmes et ce qui ne peut pas passer.
Cette ligne de rupture a bien sûr un côté subjectif, il y a des choses que je vais moins bien supporter que d’autres car elles me concernent de plus prêt et d’autres que je vais laisser passer car elles me dérangent un peu moins.

Une chose en plus qui me dérange ce sont les productions encensées pour un caractère progressistes qui s’avèrent non moins problématiques que d’autres.
Je ne vais pas donner d’exemple concret pour garder mon espace Le Monde De K6 relativement tranquille mais il y a des séries qui sont encensées pour leur féminisme ou leur côté pro-LGBT sans le mériter. Au contraire sur certains points elles ne sont pas moins problématiques que des séries reconnues comme misogynes ou homophobes.
Mes favs sont problématiques et les votre aussi, le tout est de faire avec.
Accepter d’apprécier des choses imparfaites, d’aimer malgré […]. Savoir aussi quelles sont ses limites, ce qu’on ne peut vraiment pas supporter et accepter que d’autres n’ont pas les mêmes. Ca veut dire qu’il faut aussi accepter que les choses qu’on aime soient critiquées, éviter de se comporter comme un fanatique insupportable et justifier des choses problématiques (voire clairement dégueulasses) sous prétexte que ça ne nous a pas posé problème ou que ça vous avait échappé.
Enfin, pour les personnes créatives, il faut essayer de faire mieux, d’innover, de ne plus se reposer sur des stéréotypes. Et pareil par rapport aux critiques, acceptez-les et ne vous réfugiez pas dans des excuses vaseuses pour justifier des préconçus.

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