K6 Passion : Le jeu de rôle sur table

Aujourd’hui je vais vous parler du jeu de rôle sur table.
Un loisir qui vous permettra d’être une vampire dans un univers contemporain, une voleuse draw dans une monde médiéval-fantastique, une pistolero dans un japon cyberpunk, une mutante dans un futur post apocalyptique où l’humanité vit sous l’océan et bien d’autres choses.

Damia, « Le Naja » Personnage pré-tiré du supplément Polaris : République du Corail

 

Le JDR sur table et moi :

J’ai découvert le jeu de rôle quand j’étais en fac. Je traînais avec un bande de geeks (employé ici au termes de personnes ayant plusieurs passions différentes) et certains d’entre-eux pratiquaient le jeu de rôle.
Une chose en entraînant une autre j’ai commencé à rejoindre les tables de jeu.

Le jeu de rôle est une forme de jeu d’improvisation.
On y incarne un personnage avec une liberté qu’on ne retrouve pas forcement dans d’autres jeux du même genre.
Fin février je vous ai présenté le jeu de rôle grandeur nature,  comme pour le jeu de rôle sur table on va avoir une liberté de création du personnage mais on aura des restrictions physiques qu’on a pas en jeu de rôle papier.
Le jeu de rôle sur table permet de jouer un guerrier barbare musclé quand on est un gringalet, un voleur discret et agile quand on est plutôt pataud et maladroit où un chasseur aux sens affûtés quand on est myope, des choses plus difficiles en jeu de rôle grandeur nature.

JDR6Personnage pré-tiré du livre de règles pour Shadowrun, quatrième édition

 

Petit lexique :

P1090877Les dès : En jeu de rôle sur table, en plus de l’habituel dé à 6 faces il vous faudra des dès un peu particuliers à 4, 8, 10, 12 ou 20 faces. Vous pouvez trouver ces dès dans des boutiques spécialisées en jeu ou chez les éditeurs de livres de jeux de rôle.

JDR : Pour simplifier, à partir de maintenant, j’emploierais JDR (Jeu De Rôle) pour parler du jeu de rôle sur table.

PJ et PNJ (Perso Joueur et Perso Non Joueur) : Il me semble que ça avait déjà été abordé lors du texte dur le GN mais une petite redite ne fait pas de mal. D’autant qu’ici c’est un peu différent. En JDR un PJ sera géré par un joueur là où un PNJ sera géré par le Maître du Jeu (ou MJ, voir plus bas).

MJ ou Meujeu (Maître du Jeu) : Pour jouer au JDR on a besoin d’un MJ. Le MJ est celui qui va préparer l’aventure, animer les parties, incarner les PNJ, trancher sur les points de règles…

Sans titreMy Little Pony, saison 6, épisode 17 : Ogres et oubliettes

 

Cassinterview : Bakadevil

Pour ce K6 Passion j’ai justement interviewé un Meujeu, Bakadevil.
Il stream des parties de JDR sur twitch, les mercredis et vendredis soirs à partir de 21h.
Mes questions sont en gras, les réponses de Baka ont une police standard. Les notes entre [] sont de moi.

 

Pour commencer peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Baka, je suis MJ depuis plus de 15 ans.
J’ai commencé à faire du JDR en ligne depuis deux ans et demi – trois ans dans le but de passer la flamme, transmettre l’amour du JDR à tout le monde. C’est à partir de là que j’ai commencé à glisser très très lentement vers le streaming de parties alors que ce n’est pas un endroit où je suis à l’aise à la base.

 

Comment présenterais-tu le JDR ?

Je présenterais ça comme une histoire qu’on écrit à plusieurs.
Il y a quelqu’un qui sert à maintenir la cohérence de l’histoire, le MJ, mais les joueurs sont les véritables acteurs, ce sont eux qui écrivent véritablement ce qui se passent. Ils profitent des décors présents, c’est un peu une des rares choses qu’ils ne décident pas, mais sinon la direction dans laquelle ils vont, ce qu’ils font, ce qui est dit, ce qui se passe exactement, ça c’est eux qu’il le font. Ça revient au même qu’écrire un roman, une nouvelle, à plusieurs et c’est ça qui fait que le JDR restera « supérieur » aux jeux vidéo dans le sens où, étant donné qu’on joue entre êtres humains, il n’y a pas vraiment de limitation, on est vraiment dans la liberté la plus totale en ce qui concerne les événements, ce qu’on peut faire, ce qui se passe.

C’est un peu ce qui a été dit dans le 3615 Usul sur le Roleplay où il expliquait que dans les jeux vidéos à choix tu ne pouvais pas enlever ton pantalon et faire caca sur la table. Pour aller dans l’exagération.

Oui, c’est une liberté qu’on a dans le jeu de rôle et qu’on aura jamais même dans un jeu très évolué. Là il y a un jeu qui va sortir qui essaie de rapprocher le jeu vidéo du jeu de rôle, c’est Divinity 2, qui au final va servir d’outil comme Roll 20 sert d’outil pour le JDR, ça ne restera qu’une interface.
La liberté ça restera toujours le « pouvoir de l’imagination ».

 

Comment et quand as-tu découvert le JDR ?

J’ai découvert le JDR un peu tard. C’est au lycée que j’ai découvert ça.
Je suis tombé sur un camarade de classe, qui à la base me terrorisait. J’ignore pourquoi mais la première fois que je l’ai vu je me suis dit qu’il ne fallait absolument pas que je me retrouve à côté de lui, il ne m’inspirait pas confiance. Et au final en moins d’un an c’est devenu mon meilleur ami.
J’étais déjà beaucoup intéressé par le JDR avant, mais je n’avais jamais eu l’occasion de tomber sur de véritables joueurs car plus jeune je vivais à la campagne. Là je suis tombé sur ce type qui m’a amené petit à petit à rencontrer ses autres amis qui faisaient du JDR et c’est à partir de là que j’ai commencé.
Déjà par être joueur, un petit peu en arrière, un petit peu restreint, et petit à petit j’ai fini par apprécier, par me libérer un peu, et j’ai fini par devenir MJ, ça a commencé il y a maintenant plus de 15 ans et ça continue et j’espère que ça continuera encore longtemps.

 

Qu’est-ce qui te plait le plus et qu’est-ce qui te déplaît le plus dans le JDR ?

Qu’est-ce qui me déplaît… c’est vrai que c’est une question un peu difficile…

Alors, par exemple, pour moi c’est les joueurs optimisateurs, qui vont chercher les petits points de règles pour optimiser leur perso.

Pour moi je relis pas ça forcement au jeu de rôle en lui-même mais plutôt aux joueurs. Je fais un peu la distinction mais c’est vrai que le JDR sans les joueurs c’est pas du JDR, c’est l’écriture d’un roman.
Mais c’est le genre de comportement que j’ai du mal aussi à tolérer. Je préfère des joueurs qui vont mettre du temps et de la patience dans leur personnage pour en faire quelque chose de crédible plutôt que casser les règles et faire ce qu’on fait dans les jeux vidéos en général, c’est à dire essayer d’être le meilleur possible dans un maximum de domaines ou dans un domaine particulier histoire de toujours faire la même chose et jamais varier. Ca c’est un vrai problème.
J’ai eu de la chance, je suis rarement tombé sur ce genre de cas mais quand ça arrive c’est un truc qui me gène un peu.
Et sinon ce que j’aime dans le JDR, j’aime un peu tout. J’aime le fait de pouvoir raconter une histoire, le fait de partager une histoire avec quelqu’un. Ca permet de faire des choses qu’on ne peut pas faire ailleurs actuellement.
C’est ce qui me plait le plus je pense, c’est le fait de pouvoir s’évader à moindres frais.

 

JDR2Personnage pré-tiré de Shadowrun 4 (livre de base)

 

Y a-t-il des systèmes de règles différents en fonction des jeux, est-ce qu’il y en a qui te plaisent particulièrement ou, au contraire, d’autres qui te rebutent ?
Ou au contraire est-ce que, quelles que soient les règles, tu arrives toujours à faire avec ?

Moi et les règles ça a toujours été une histoire compliquée, soit je les trouve peu intéressantes et j’ai du mal à les appliquer, soit je les trouve trop compliquées et là aussi j’ai du mal à les appliquer.
Un système que j’ai beaucoup utilisé et qui me plait encore beaucoup maintenant, de par sa simplicité et parce qu’il est utilisable un peu dans n’importe quel contexte, c’est le Storytelling System (article wikipedia en anglais), c’est le système de White Wolf, donc de Vampire la Masquarade et ses dérivés. Que ce soit l’ancienne ou la nouvelle version, l’ancien monde des Ténèbres ou le nouveau monde des Ténèbres, c’est un système qui me plait pas mal.
J’ai beaucoup joué à l’édition 3.5 de Donjons et Dragon, qui était très velue au niveau des règles. Et il y a une anecdote que j’adore ressortir. Il y a des aberrations, forcement quand il y a énormément de règles il y a forcement de grosses erreurs, et une des erreurs qui me fait beaucoup rire, c’est l’erreur où – selon les règles de 3.5 – avec la compétence Survie on peut pister des animaux, remarquer les traces au sol et ce genre de choses, mais du moment que ces traces au sol ne ressemblent plus à des pattes de bestioles il faut un don spécial pour pouvoir les suivre. Et j’ai toujours trouvé ça stupide. Je m’en suis rendu compte dans une partie, un de mes joueurs qui jouait Rôdeur a vu qu’il ne pouvait pas suivre des êtres humains car il n’avait pas le don, j’ai eu un petit fou rire et j’ai dit qu’on allait pas suivre ce genre de règles.
Là récemment je me suis mis à la 5ième édition [de Donjons et Dragons] que j’adore puisqu’elle est assez simple, il reste encore des trucs un peu étranges mais il y a beaucoup plus de plaisir de jeu et beaucoup moins de temps à essayer d’apprendre les règles et à essayer de déchiffrer des passages qui se contredisent d’un supplément à l’autre. Le plus gros avantage à cette cinquième édition, c’est ce qui manque à pas mal de jeu de rôle, c’est que la communauté autour est énorme et travail énormément sur les règles, ajoute des règles maison qui sont cohérentes et arrivent au final à ne pas casser le jeu. Et c’est toujours intéressant de pouvoir piocher ce qu’on veut sans avoir besoin d’enchaîner les livres supplémentaires.

Oui les suppléments c’est souvent un problème, même Shadowrun que j’aime bien, quand tu as le livres de règles à 60e puis derrière les suppléments ça pique.

C’est vrai que Shadowrun c’est un jeu que j’adore, les règles j’ai un peu de mal mais j’adore l’univers. Mais le problème effectivement c’est que les suppléments deviennent vite indispensables si on veut faire une campagne un peu poussée, ne serait-ce que pour les équipements, certaines megacorporation ce genre de trucs, ça manque un peu de détails dans le livre de base. Après on peut faire comme beaucoup de MJ font, c’est à dire créer son propre univers à partir de cette base là, mais j’aime bien rester dans la vision de ceux qui ont créer le jeu. Ce qui fait que je dépense toujours énormément de pognon pour les bouquins de JDR, c’est pas forcement une très bonne idée mais j’aime bien resté assez proche de ce qui était prévu.
Sinon je créerai mon propre JDR si j’avais besoin de faire quelque chose qui sort de ce cadre là. Ce qui m’est déjà arrivé.

 

Tu parles de création de JDR, est-ce que tu créais tes règles ou prenais des règles existantes pour les placer sur un autre univers de ta création ?

C’est plutôt la seconde solution.
J’ai toujours eu un problème avec les règles, j’aime pas les règles compliquées, j’aime pas trop quand les règles prennent le pas sur l’histoire. Je vais prendre l’exemple d’Anima, c’est un jeu que j’aime beaucoup mais dont les règles pourrissent un peu le gameplay, c’est un jeu où on a envie de courir sur les murs, couper un bâtiment d’un coup d’épée et les règles le permettent, mais  il y a des conditions, il faut lancer un certain nombre de dès, regarder une dizaine de tables pour faire certains trucs, c’est beaucoup trop et on perd ce côté fun. J’ai toujours eu l’habitude de mettre petit à petit les règles de côté pour favoriser l’histoire.
Du coup quand j’ai commencé à créer mes propres univers j’utilisais le Storytelling System qui me permettait d’avoir des fiches faciles à remplir, des règles faciles à apprendre et qu’on pouvait réutiliser un peu partout.

 

JDR7.jpegIllustration de Polaris (livre de Base)

 

Et pour ce qui est des univers de JDR, quels sont tes coups de cœur, pas forcement pour le système de règles mais juste pour l’univers ?

J’ai une grosse passion pour le post-apo, c’est certainement mon genre préféré. Malheureusement j’ai peu l’occasion d’y jouer. Surtout maintenant que je joue online, les gens attendent surtout du médiéval-fantastique. Après, étant donné que je suis un vieux rôliste, le médiéval-fantastique j’en ai mangé pas mal donc j’aime bien varier les plaisirs.
Il y a Vermine par exemple, qui est un très bon JDR français, qui n’a pas duré très longtemps mais qui reste selon moi un des meilleur post-apo.
Plus récemment on a Degenesis qui est sorti en France. Qui est certainement le plus beau JDR que j’ai vu. Alors il est ultra-cher car pour avoir les deux bouquins de base nécessaires au jeu on est autour de 100€. Mais rien que pour les livres, pour les illustrations ça vaut vraiment le coût. Par contre c’est un univers primal-punk, c’est un univers sans concession, graphiquement et par rapport à ce qui s’y passe. Mais c’est intéressant et je désespère pas un jour de monter une table de Degenesis.
Après il y a le classique univers avec des zombies genre Z-Corps, le système est pas plus intéressant que ça mais l’univers est pas mal. C’est distribué par le 7ème cercle et eux ils ont l’habitude de faire des gammes finies c’est à dire un livre de base, deux-trois suppléments qui servent à progresser dans la campagne [parties qui se suivent pour former une longue histoire] et un supplément final qui clôt le tout comme ça on a un univers fini avec une campagne finie qui mène du début des événements à soit la fin du monde, soit sur une happy end, ça dépend des MJ j’imagine. Ça fait partie des bons JDR francophones sur le domaine du post-apo.
Au delà de ça je suis un grand fan de Shadowrun, le cyberpunk en général. D’ailleurs dans le genre, qui mélange un peu horreur et cyberpunk il y a Kuro, pareil édité par 7ème cercle, qui se déroule au japon en 2040 et mélange un peu technologies et folklore japonais, c’est plutôt intéressant.
Sinon j’aime aussi le space-opéra, en général. Star Wars bien entendu, c’est un classique. J’en ai un qui est beaucoup moins classique qui s’appelle Forcat, où on joue des prisonniers intégrés dans une unité qui sert de chaire à canons dans une guerre intergalactique, dit comme ça c’est pas exceptionnel mais le travail sur le milieu carcéral et sur la gestion des troupes est au final intéressant avec chaque personnage qui se distinct dans l’escouade qui a un rôle important pour chaque mission.
Après bien entendu il y a Vampire la Masquarade, etc, etc.
Je me suis mis il y a pas si longtemps à Cthulhu qui était un gros manque dans ma culture rôliste et que j’ai plutôt apprécié au final, c’est assez sympathique. C’est exactement ce à quoi je m’attendais donc je suis pas plus extatique que ça mais ça reste quelque chose que j’apprécie.
Voilà dans l’ensemble j’aime un peu tous les genres du moment que ça sort un peu du cadre heroic fantasy classique type Donjons et Dragons. Ce qui est un peu paradoxal vu que je ne stream plus que ça maintenant.

 

Sans titre
Layout d’intro de Spine of the World, les mercredis soir sur le twitch de Bakadevil

 

Si quelqu’un veux tester le jeu de rôle comme joueur quels conseils lui donnerais-tu ?

Pour savoir où se renseigner, avec internet maintenant on a pas mal de choix.
Je pourrais conseiller le truc assez classique d’aller vers les éditeurs de JDR francophones. Généralement ils ont des forums où il y a pleins de personnes qui seront ravis de répondre aux questions, savoir où est-ce qu’on peut trouver tel ou tel matos, voire aider à trouver des joueurs.
Un forum peut-être moins connu, moins évident en tout cas, j’ai pas l’adresse exacte mais en tapant « JDR virtuel » sur google on doit trouver assez facilement [oui]. C’est un forum qui est dédié à réunir les gens qui ne peuvent qui ne peuvent pas se rencontrer IRL pour faire des parties.
Si on utilise pas internet le mieux c’est de trouver une boutique de jeu de rôle, ça peut être compliqué si on est à la campagne mais on en trouve assez facilement dans les grandes villes.
Sinon pour les erreurs à ne pas faire, l’erreur que j’ai le plus souvent vu c’est de confondre JDR et jeux vidéo. On essaie toujours de se raccrocher à quelque chose qu’on connait et maintenant à peu près tout le monde connaît les jeux vidéos et quand on se met aux JDR on a un petit passé de gamer et on a tendance à vouloir retrouver cette expérience pour être dans une zone de confort. Et c’est une erreur car le JDR c’est vraiment différent, on est dans quelque chose qui est collectif alors que le jeux vidéo en général, même en multi, c’est un peu personnel, chacun se fait sa propre expérience en jouant, joue comme il a envie, trouvera des joueurs qui jouerons de la même manière [un Merci Dorian au sujet de la coopération dans les jeux vidéo]. Le JDR il faut faire un peu plus d’efforts de ce côté là, il faut être un peu plus conciliant sur certains trucs, tolérer parfois certaines limites, certaines personnes. C’est pas toujours très compliqué, des fois ça se passe très bien, des fois c’est juste un peu compliqué, des fois c’est juste impossible, on peut pas toujours apprécier tout le monde.
L’erreur c’est de venir en voulant imposer son style propre ou sa façon de jouer propre qui fait que généralement on va plutôt être mis de côté plutôt que s’intégrer.
Après il ne faut pas faire l’erreur de penser que le JDR est une activité facile, qui en prend pas de temps. Le JDR c’est très chronophage, qu’on soit joueur ou MJ. Quand on est MJ c’est encore pire mais quand on est joueur il faut penser à prendre du temps pour faire son personnage, pour s’occuper de le faire monter de niveau quand c’est le cas, pour le développer, pour écrire une histoire le concernant, pour les parties en elles-même qui en stream sont de minimum trois heures mais quand je jouais sur table on partait généralement pour cinq heures non-stop. Quand on est pas prêt à donner de sa personne au niveau du temps c’est pas vraiment la peine de se lancer dans le JDR. Ca ne sera pas comme une partie d’Overwatch qui peut être pliée en cinq minutes.

 

Tu as dit que tu fais MJ depuis 15 ans, comment s’est faite la transition de joueur à MJ ?

C’est peut-être pas caractéristique parce que pour moi ça a été assez facile, déjà car je jouais avec des amis donc ça allait.
Je pense que la chose qui permet de passer de joueur à MJ c’est l’envie de raconter une histoire. Quand on est joueur certes on participe à l’histoire mais on est un peu limité par le fait que l’histoire démarre à tel endroit car c’est le MJ qui donne l’accroche. Des fois on a envie de donner cette accroche et je pense que c’est cette impulsion qui fait qu’on devient MJ à un certain moment.
Après j’ai un côté monomaniaque qui fait que je suis très peu joueur et quasiment tout le temps MJ mais c’est pas impossible de changer régulièrement. C’est même des fois salutaire, quand on a été MJ longtemps des fois de redevenir joueur un petit peu, ça permet de remettre certaines choses en perspective, de voir qu’il y a des choses qui peuvent être frustrantes dont on se rend pas forcement compte quand on est MJ.
Après mes premières parties en tant que MJ, j’ai eu la chance de tomber sur des gens assez compréhensifs, qui savaient que j’étais débutant et ont décidé de ne pas me mettre la pression, ou même qui ont essayer de me guider un peu dans cette vaste tache.
C’est pas toujours le cas. Des fois le MJ ça va être dans un groupe de débutants il y en a un qui va être désigné comme MJ et le succès de la partie va reposer sur ses épaules et ça peut être un peu compliqué. Une mauvaise expérience de JDR peut faire qu’on en fini par ne pas aimer le JDR.
C’est un des trucs qui peut faire peur à un MJ débutant, je pense que c’est pour ça que beaucoup de joueurs refusent de sauter le pas.
Mon expérience en elle même, c’est venu assez vite. J’avais acheté deux-trois bouquins de JDR et j’ai fini par acheter Shadowrun, j’ai eu envie de lancer une partie de Shadowrun, les mecs ont dit oui, on a joué, c’était nul, rétrospectivement c’était très nul mais ça a débuter. Petit à petit j’ai commencé à travailler un peu plus mes scénarios, à bosser un peu plus les règles pour en arriver à dessiner des plans, à prévoir des images pour chaque personnage, à prévoir des musiques pour les ambiances différentes, à prévoir des effets sonores pour chaque action dans le jeu ou presque.
Au début on va commencer petit, ça va pas être terrible, mais il faut persévérer. Et ça vaut aussi le coût pour les joueurs, il ne faut pas s’arrêter sur une seule partie. Il faut essayer soit sur des groupes différents, soit sur des jeux différents. On en revient à l’idée que le JDR demande un investissement personnel.

 

Sans titre.png
Layout d’intro de la campagne Donjons et Dragons du vendredi soir chez Bakadevil

 

Sur Twitch tu animes des parties de JDR sur tables virtuelles en tant que MJ (les mercredis et vendredis à partir de 21h).
Au sujet des tables virtuelles quels sont les grandes différences des deux types de tables, virtuelles et IRL (en tant que joueur et en tant que MJ) ?
C’est peut-être plus facile de réunir les joueurs sur table virtuelle ?

Effectivement c’est une grosse différence encore que c’est pas aussi simple que ça de réunir des joueurs sur une table virtuelle, ça demande un minimum d’organisation mais ça reste quand même beaucoup plus facile qu’IRL.
La grosse différence c’est que je fournis plus d’efforts pour les parties virtuelles, surtout depuis que je stream. C’est la partie visuelle, IRL je ne vais pas sortir une image pour chaque décor, je vais juste dire  »vous êtes dans une forêt » ou « vous êtes dans une grande ville » j’ai pas besoin de faire beaucoup plus d’efforts, j’ai pas besoin de détailler chaque plan. Là avec Roll 20 je suis un peu obligé, si je montrais juste une page blanche avec de temps en temps une image ce serait assez monotone à voir. Et autant IRL c’est facile de capter l’attention de quelqu’un car on est tous à la même table, on se regarde, si quelqu’un est en train de faire autre chose il va vite se faire griller, là il faut maintenir l’attention de tout le monde en sachant que s’est facile de glisser d’un onglet à un autre de regarder une page web pendant que ça discute autour de la table et qu’on se sent pas forcement concerné. Il faut maintenir cette attention, ça passe par des plans, des pions à déplacer, des dès à faire rouler, ça demande un peu plus d’efforts, au niveau de la musique avant je me contentais d’un CD d’ambiance là il faut que je choisisse une musique adaptée à chaque situation, au niveau des effets sonores j’en utilisais pas quand j’étais IRL maintenant c’est rendu facile du fait que tout est informatisé. Ca demande plus d’efforts car ce sont des choses à préparer en plus du scénario. Pareil il faut que je trouve une image pour chaque PNJ avec qui ils vont parler, à moins que le PNJ ne soit pas du tout important qui va échanger quelques mots mais dès qu’il a la moindre importance dans l’histoire il faut une image, il faut pouvoir le présenter et autant IRL une description suffirait autant en virtuel on est obligé de fournir plus de ce côté là.
Alors après c’est gratifiant parce qu’il y a une trace de ce qu’on a fait, on a une map, les PNJ, les effets sonores, c’est quelque chose de concret. J’ai pas beaucoup de reste de mes parties IRL à part des morceaux de scénario griffonnées dans un calepin, quelques donjons dessinés à la va-vite et éventuellement sur certains de mes disques-durs externes quelques images que j’avais en rab.
Il y a plus de matériel à apporter virtuellement qu’IRL.

 

Pour finir peux-tu nous expliquer comment tu prépares une partie ?
Et quelles sont les ressources (banques de sons, musiques libres de droits) que tu utilises ?

Pour la préparation de la partie je commence par une campagne, quelque chose d’assez large, j’écris les grandes lignes, avec une intrigue un peu alambiquée, très vaguement. Ça crée le squelette de mon histoire et à partir de là j’écris scénario après scénario pour les imbriquer dans ce fil rouge. Une fois que ça c’est fait je commence par faire les cartes, car c’est ce qui me demande le plus de temps. Ensuite je m’occupe de faire les PNJ qui ont déjà été décrits en une ligne ou deux dans mon scénarios, quand je dis PNJ je parle à la fois des personnages dans une ville ou village ou les monstres. Pour Roll 20 je choisis ma musique mais généralement j’ai besoin de le faire qu’une fois car je prévois assez large, je prévois des musiques pour un type d’ambiance particulier, pour un voyage, pour l’exploration de donjon, pour l’exploration tout court, pour les combats, etc, donc ça c’est réutilisable à chaque partie, sans aucun soucis.
Pour trouver les ressources je fais un peu avec les moyens du bord. C’est pas toujours facile de trouver des choses libres de droit. Pour les images, sans parler des cartes, je prends des choses généralement sur google image, pinterest, deviant art, c’est pas tout à fait libre de droits, après je m’en sers pas à des fins commerciales mais quelque part ça reste un de mes plus gros problèmes. Je me sers de choses fait par d’autres personnes, quelque part je pille un peu tout ça et c’est quelque chose qui me gène, j’aimerais pouvoir payer un graphiste ou quelqu’un pour la musique. Après je suis dans une situation financière qui ne permet pas de faire ça actuellement.
Donc j’en suis là à chercher sur google image, sur Fanburst qui propose des musiques, le plus souvent libres de droits, c’est assez marginal comme endroit car c’est une sorte de pale copie de Soundcloud, maintenant on y trouve pas mal de chose en lien avec Roll 20 car ceux qui utilisent Roll 20 utilisent Fanburst.
Roll 20 propose d’autres sources pour la musique, un peu plus limitées mais offerts gracieusement par des sites spécialisés dans les musiques et bruitages de JDR, qui proposent en plus des contenus payants.
Pour les bruitages c’est pareil, soit on passe par Fanburst ou ce que propose Roll 20 en général, c’est très limité mais on trouve des SFX assez facilement. Ou alors on fait ce que moi je fais, c’est à dire que je paie un abonnement à un site qui s’appelle Syrinscape qui propose un outil pour les rôlistes, IRL ou virtuels, une soundboard remplie de samples en rapport avec le JDR plutôt médiéval. Le principe c’est qu’en payant un abonnement on a accès à toute la banque de donnée et petit à petit, chaque mois, l’auteur ajoute d’autres sample et si on est abonné quand les samples sont ajoutés et qu’on arrête l’abonnement après on garde les samples qui ont été ajoutés, à vie. Sachant qu’on peut aussi acheter chaque pack sonore sur le site si jamais on ne veut pas payer d’abonnement.
On peut faire des maps sur Roll 20 mais dès que ça devient compliqué Roll 20 va se mettre à ramer donc c’est pas conseillé tout le temps. Pendant une période j’utilisais Photoshop, pareil le logiciel n’est pas adapté mais ça allait. Et depuis peu je suis tombé sur un logiciel qui est en early acces sur Steam, ça s’appelle Dungeon Painter Studio et c’est un outil qui est dédié à faire des cartes pour le JDR, comme il est en early acces il est pas mal bugué, il plante régulièrement donc il faut penser à sauvegarder assez souvent mais ça reste le meilleur étant donné le prix [15€] et il s’améliore un peu chaque jour.

 

Merci à Baka pour cette interview, que nous pouvons retrouver les mercredis et vendredis soirs en stream sur sa chaîne twitch (dont je remets le lien).

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