K6 passion : Jeu de rôle Grandeur Nature

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Ana, fossoyeuse nussarde

Chaque année, aux alentours du 14 juillet, je participe au GN (jeu de rôle Grandeur Nature) Kandorya. Je deviens alors Ana, une fossoyeuse qui se méfie de la magie et encore plus de la nécromancie (surtout quand elle est pratiquée dans son cimetière).
Le GN ou LARP en anglais (pour Live Action Role Play) est une activité dérivée du jeu de rôle classique mais au lieu de se retrouver autour d’une table avec crayons et dés on se retrouve en costumes avec nos armes en mousse (vérifiées pour ne pas blesser les autres joueurs).
Lahire (ou Matthieu dans la vie civile) est un des potes qui m’ont amenée vers le GN. Comme c’est un domaine qu’il maîtrise mieux que moi (et aussi comme je voulais essayer l’exercice de l’interview) j’ai décidé de lui poser quelques questions.

Lahire : GNiste

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(photo par Padre Geek)

Cette interview était une première pour moi et je remercie encore Matthieu d’avoir joué le jeu. J’espère que vous serez indulgents si l’interview est un peu maladroite.

K6 : Peux-tu expliquer ce qu’est le GN ?
Lahire : Le GN, pour moi en tout cas, c’est une grosse scène d’improvisation dans lequel on participe à un scénario qui est proposé par des instances supérieures et qui nous permet d’interpréter un personnage comme on le souhaite. Avec de temps en temps quelques contraintes pour le rôle.

K6 : Depuis quand pratiques-tu le GN ?
Lahire :  J’en fais depuis 2010.

K6 : Qu’est-ce qui t’attire dans le GN ?
Lahire : Ca va paraître un peu bateau mais : l’aventure. Ca permet d’avoir des moments qui ne sont pas possibles dans la vie réelle et d’interagir avec énormément de personnes ce qui n’est pas forcement toujours évident en dehors.

K6 : Comment es-tu arrivé au GN ?
Lahire : J’ai une amie du lycée qui en faisait. J’avais trouvé ça super mais en tant que lycéen j’avais pas forcement les moyens. Et en étant à la fac j’ai rencontré des personnes qui m’ont fait connaître des gens qui faisaient du GN et on s’est lancé sur un premier jeu, avec leur matériel. L’année d’après il y avait un autre jeu où je pouvais être joueur alors je me suis inscrit et j’ai créé mon personnage, j’ai rencontré d’autres personnes pour faire un nouveau groupe et c’est comme ça que je me suis lancé.

K6 : Comme pour le jeu de rôle classique (sur table) on a plein d’univers, est-ce que certains t’attirent plus que d’autres ?
Lahire : En priorité le médiéval fantastique, c’est ce que je fais le plus. Mais il y a beaucoup d’autres univers. J’ai fait du contemporain c’était vraiment très sympathique. J’ai fait du steampunk, un petit peu, c’est pas toujours facile à trouver. Ayant testé différentes choses c’est pas parce que les plus fréquents restent du médiéval fantastique que les autres ne m’intéressent pas.
K6 : En gros tu es attiré par tous les univers mais comme il y a principalement du médiéval fantastique c’est ce que tu fais principalement ?
Lahire : Oui, j’en fait beaucoup.
K6 : Plutôt baston ou diplomatie ?
Lahire : Aucun des deux.
Je suis très mauvais au combat. J’aime beaucoup ça – enfin ça dépend contre qui tu te bats – parce que c’est quelque chose qu’on peut rendre assez épique assez facilement. On a tous en tête ces personnages qui se battent vaillamment avec des grands gestes super jolis, qui sont absolument pas réalisables en vrai, on a envie de faire des choses belles comme ça sauf qu’en face on a le gars qui veut gagner donc c’est pas toujours facile à mettre en oeuvre. Du coup moi en combat je m’engage dedans quand je sais que je peux faire quelque chose de bien, même si je vais pas le gagner.
Diplomatie pour l’avoir fait ça devient vite très chiant. On est débordé partout, on est pas vraiment maître de son jeu, c’est compliqué. On est très sollicité, on est très peu disponible du coup.
Les extrêmes sont pas forcement très intéressants. J’aime bien me dégourdir les jambes et j’aime bien faire mes affaires de mon côté mais j’aime pas être sollicité pour un problème de diplomatie et être bloqué à un endroit pendant qu’il y a autre chose qui se passe.

K6 : A part le GN tu joues à d’autres jeux ?
Lahire : Jeux vidéos, jeux de société, qu’est-ce qu’il y a d’autre comme type de jeu ?
K6 : Jeu de rôle papier ?
Lahire : J’en ai fait un peu. J’en fait un peu avec d’autres personnes. Tout ce qui est jeux mais pas jeux d’argent.

K6 : Pour le GN tu as plusieurs personnages, est-ce qu’il y en a auxquels tu es particulièrement attaché ?
Lahire : De manière générale je joue des personnages honnêtes. Ca m’est arrivé de jouer un voleur, j’étais vraiment pas bon. Je suis plutôt le gars bidouilleur et aventurier dans l’âme qui va pas forcement chercher à entourlouper les gens. Ca c’est le genre de chose que je joue le plus facilement. Je pense que je pourrais jouer des grands méchants mais il faut s’attendre aux conséquences quand tu joues ce genre de chose et quand je construit une histoire avec un personnage j’aime bien la faire perdurer.
K6 : Et est-ce que ça peut pas permettre de sortir de sa zone de confort de jouer un personnage dont on a pas l’habitude ?
Lahire : Oui, ça c’est plus pour les joueurs expérimentés. Même moi je suis pas sûr de pouvoir jouer un personnage qui sorte beaucoup de ce que je sais faire. Faudrait essayer, ça serait intéressant, plus on joue longtemps en GN et plus on a envie de changer. Au début on joue des choses faciles, qu’on aime bien, et au bout d’un moment on a envie de changer. 

K6 : Plus tôt tu disais que tu as approché du GN au lycée mais que tu n’avais pas les moyens, ça a un coût ?
Lahire : C’est ça le problème, ça coûte assez cher au début. En tout cas si on a pas de piste on se lance tout de suite dans les achats et c’est pas toujours donné.[…]
Pour commencer, pour avoir quelque chose de potable, je dirais une centaine d’euros. Ca dépend quel univers, sur le Med-fan [abréviation pour Médiéval-fantastique] si tu veux acheter t’en a peut-être pour 40e de pantalon, même chose pour une chemise. Et puis après le reste, des bonnes chaussures et une ceinture ça habille le vêtement médiéval. Après en Steampunk des vêtements de tout les jours des fois peuvent passer. Ca dépend vraiment de l’univers en fait. Mais avec une centaine d’euros je pense qu’on peut prendre une bonne base, assez sympa.
K6 : Et en craftant à côté ?
Lahire : En craftant tu peux en avoir pour deux fois moins cher.
K6 : Mais sans compter les armes ?
Lahire : Sans compter les armes. Ma première épée à coûté 40€. C’est le prix de base pour une épée simple.

K6 : A combien de GN as-tu participé ?
Lahire : [En comptant par univers] Une vingtaine, peut-être moins que ça, une quinzaine ? Si je regarde dans mon petit dossier GN […] plus d’une dizaine, entre une dizaine et une quinzaine.
K6 : Et au total, là c’est plus difficile à compter ?
Lahire : On va compter par an au pire […] là j’en entre 6-8 par an, sachant qu’au début c’était beaucoup moins violent. On va dire une trentaine. Deux ou trois les deux premières années et après on commence à tourner, à chercher des nouvelles choses.

K6 : Si des gens veulent commencer le GN que leur conseillerais-tu ?
Lahire : Déjà je conseillerais de se faire plaisir. L’objectif à la base c’est de faire des choses qu’on a envie de faire et qu’on ne peut pas forcement faire dans la vraie vie. Faut aller chercher peut-être des événements qui sont un peu plus généraux, comme Kandorya, où tu peux faire ce que tu veux. Après ça prend ça prend pas mais au moins avoir un aperçu de ce qui peut plaire dans ce type de jeu. L’avantage sur Kandorya c’est qu’on peut tout faire, on peut chercher son jeu, quasiment tout le monde peut y trouver son compte. Qu’on soit diplomate, guerrier ou quoi que ce soit il y en aura toujours un peu pour tout le monde, ça permet de voir les différentes facettes. Il y a Hyborée aussi où tu peux faire pas mal de choses, le Conan qui est vraiment intéressant à ce niveau là.
L’important, pour commencer, peut être de voir un personnage qui est proche de sa personnalité.
Surtout aller jouer avec des gens qu’on connait déjà, ça aide beaucoup au début, des gens qu’on a appris à connaître, avec qui on s’entend bien.
On peut aussi se faire prêter du matériel. J’aurais probablement pas commencé si on m’avait pas prêté du matériel au début.
K6 : Et est-ce que ça peut pas être intéressant des fois de commencer PNJ (Perso Non Joueur, à l’inverse du PJ, Perso Joueur, le PNJ aura un rôle attribué par les organisateurs et devra respecter certaines directives pour faire avancer le scénario principal ou certaines mini-quêtes) ?
Lahire : Moi j’ai commencé comme ça. C’est à double tranchant, c’est un rôle imposé et moi mon premier rôle PNJ m’a pas du tout convenu. Après l’avantage c’est que tu n’as pas trop besoin de réfléchir, l’orga en général est là pour t’aider. Par contre il faut quand même avoir du bagage de jeu de rôle sinon c’est un peu particulier à gérer.
Mon premier jeu en PJ c’était mon personnage que j’avais écrit moi-même, une histoire que j’avais inventé donc c’était d’autant plus facile à jouer.
Si je peux résumer si tu veux commencer par PJ autant avoir un personnage plaisant, c’est plus facile à jouer, plus facile de se mettre dans le jeu et si tu peux pas obtenir ça limite le PNJ c’est presque mieux, c’est plus facile.

K6 : Quel retour tu as de la communauté GN ?
Lahire : Elle est extrêmement variée. C’est un peu comme partout mais comme là on a une interaction directe avec les gens je dirais que c’est beaucoup plus facile. C’est des gens qui sont beaucoup plus ouverts, en général, et qui sont vraiment sympathique. Il y a un côté extrêmement convivial.
K6 : Pour le côté convivial, il y a une certaine proximité, est-ce que cette promiscuité n’est pas assez dur des fois ?
Lahire :  Non, on est content de se voir en général. C’est pas comme si c’était des gens qu’on devait supporter tout le temps. Et en général on est quand même content d’être avec les gens, on est content de jouer avec eux et on a qu’une hâte après l’événement c’est que ça recommence. C’est un peu comme si on faisait une semaine de vacances avec des potes. Comme on voit les gens occasionnellement, on les voit pas vingt fois dans l’année donc on est content de les voir.
K6 : Tu as quand même des potes GNistes que tu vois de temps en temps ?
Lahire : Oui mais c’est pas des gens que je vois constamment. C’est pas comme des collègues de travail. C’est même des gens que je vois presque plus en jeu que dans la vraie vie.

K6 : Tes meilleurs et tes pires moments de GN, en général ou quelque chose de particulier ?
Lahire : Ce que j’aime pas, on va commencer par ça, c’est le manque de fairplay. Toi tu fais tout pour être honnête en respectant les règles du jeu du mieux que tu peux et tu as des gens qui réfléchissent pas, qui rentrent dans le tas et ne comptent plus ce qu’ils font. Et les gens qui disent « les autres trichent donc moi je vais tricher aussi », ça je supporte pas. Les PNJ surboostés, genre le mec qui te désarme deux fois en deux secondes, frustrants à mort. Les problèmes d’organisation où tu cherches quelque chose, là chose est pas là et tu passes des heures à faire des allers-retours, où personne n’est au courant, ça peut plomber une situation. 
Ce que j’aime bien c’est retrouver les copains, interagir avec des gens. Le beau jeu, quand les gens font de super belles scènes, qu’ils s’engagent vraiment dedans, ça ajoute à l’immersion et on se sent vraiment dans l’aventure.
Un souvenir très bien, t’es dans une réunion diplomatique et là il y a un orga qui te fait presque une intervention divine pour faire taire celui qui casse les pieds à tout le monde. Ca m’est arrivé une fois, c’est génial, où une divinité à presque parlé par ma bouche ça a calmé tout le monde. Alors que je m’y attendait pas du tout. Il y a aussi la tentative d’assassinat où tu te fait sauver par des membres du camp qui cherche à te tuer.

K6 : Pour finir : Est-ce que tu penses arrêter un jour ?
Lahire : Pour le moment c’est pas au programme. Là je commence à me mettre dans des équipes d’organisation. Avec le Sunthesis j’ai eu une responsabilité au sein du jeu, qui n’était pas vraiment une responsabilité d’organisation, on avait prévu quelques scénarios mais on avait pas toutes les cartes en main mais là pour le prochain je suis responsable d’un groupe de PNJ et je participe à toute l’organisation. C’est à dire que je suis au courant des background de tout le monde, je suis au courant de tout. Je connaîtrais tous les tenants du scénario et tous les groupes de joueurs à priori.

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